samedi

B(l)ing B(l)ang

Tous ceux qui seront venus jusqu'ici, en rampant, et qui auront frappé à la porte sans reprendre même leur souffle, avec leurs visages rouges et leurs mains tremblantes, je les laisserai dehors, puisque finalement, j'y crois encore, peut être pas de la manière la plus socialement conforme, mais j'y crois. Et puis quoi d'autre après tout qu'être au fond de soi sa propre fin, son propre choix.

Aujourd'hui j'ai écrit deux déclarations,
Il était tard déjà.
je n'en ai envoyé qu'une.

vendredi

L'autofiction- l'autofixation.

Je l'ai ramassé comme un enfant- un fruit pas mûr tombé du néant. Paisible il regardait le ciel comme si c'était la première fois, j'ai pris sa main, doucement, pour pas l'abîmer. Lui et le ciel, l'infini contenu dans ma main, caresse du soleil, paisibles mouvements du visage. je l'ai pris sur le bord de la route, et nous avons marché longtemps, toute une année de soleil et de sourires.
Puis pas après pas, c'est sa main qui a finit par prendre la mienne, et son sourire d'homme- enfant m'a fendu le coeur. j'ai compris que tout ces sourires-soleils, tout ça, ça l'avait changé, et le fruit était mûr. Sucré d'amour à sens unique, à sens interdits, aux interminables silences, aux non-dits.
Alors je suis partie pour pas jouer à le fuir, pour pas faire semblant de rien. Je m'étais cru Dieu, un peu moins dure, un peu plus sincère. Un peu moins lamentablement humaine.
Alors j'ai regardé le ciel moi aussi, je me suis noyée un peu, j'ai tenté de me perdre- et je ne me suis pas retrouvée.
Et aujourd'hui il pleut. C'est Dieu qui pleure sans doute.

mardi

Motif(s).

Attente, attente. Quête du sens.

Et fuite du monde. Soupirs et déroute.

Sourds matins d'août

Brûlure du zénith, errance.

Jusqu'à la dernière lettre, main morte

avance contre toi même

Et dis autrement ce qui m'émerveille.

Etrange beauté captive des souvenirs,



Attente, attente. Brume du soir

En réconfort de l'indistinct, tandis que sous la lune

L'oubli me guette : dis, main-miroir

Ce qui s'achève dans le noir des ruines

Et sous le ciel tremblant, l'aube rouge

Des folies indomptées.


Attente, attente. Soupirs et requête

Entendre encore les mots,

Le murmure profond des choses

La respiration sereine du monde

L'odeur mystérieuse du jour achevé.

Et tomber à genoux.

dimanche

Le grand incendie (poème érotique)

Fument, fument, encore
Les cendres de l'hiver
L'oeil ardent
La bouche cousue
Sèche de toi
De l'éclat du matin
Des nuits de présence
De l'ombre de grands hommes
Qui veillent sur notre sommeil
Apaisé
Des corps repus, rassasiés, courbattus
Des corps nus dans le clair du ciel
Transparence absolue
De l'oeil et mille autres merveilles.

Repose en paix sous les étoiles
De notre chambre à trois murs
De notre coeur à l'aventure
La dérive bienheureuse des amants.
Et que le firmament profond
Eternel témoin silencieux
Pardonne nos amertumes, nos desespoirs, nos abandons
Nos sublimes illuminations
Nos poèmes et nos chansons.

samedi

Maman.

Doux après-midi d'éternité
Frisson et murmure du temps long
Attardé comme un soleil d'été,
Sous les fenêtres de mon imagination.

C'est de son sourire que ma mémoire est gravée,
Le temps et l'enfance peuvent bien me fuir
Dans la brise tiède de la nuit tombée
L'amour me pèse, et les souvenirs.

Enfance des mots que l'on ne comprend
Et qui obsèdent comme un refrain
Ritournelle effacée du présent
Je te rechante demain matin.

Miroir du monde enfoui sous le passé
Je te reflète, t'immortalise
Le chant du coeur affaibli, délaissé
Me revient toujours, avec la brise.

mercredi

Inceste.

Afternoons.


Rondeur du monde sur la courbe blanche de tes reins souples

Eclair éclatant de tes dents dans la pénombre des boucles

Corps de la terre, abyssale attente des paupières à éclore

Es tu femme ou jardin, ou simple métaphore ?

Mère sur ton sein, l'aile d'une fée porte le monde

Et sur ta paumes s'étreignent les lignes fécondes

Ride de l'hors temps, or du présent, bienveillante matrice

Frisson du corps tiède, interdit du délice.

Le cirque.

Le corps du monstre est dans l'arène,
nu de peur au souffle de la lune blême
Ecarlate tissu de peau tremblant sur la piste
Eclate en mille morceaux, comme le sourire d'un clown triste.

Barriolée, élancée, monstre aux ailes effilées
Barrit sur la lancée du trapeziste essoufflé.
Titube, tatonne, tombe et toussote
Sur le sourire sombre du clown en redingote.

Fanfare en fête, cauchemar de la défaite
Le sable vole, le monstre sommeille
Quand sur le corps frêle, la peau de bête
Découvre un clown au sourire vermeil.