jeudi
Non fondé
J'ai mal connu ton visage, à force de discours j'ai oublié la force des moments volés et les vides qui se créent quand on arrache encore vif le cœur d'un rêve carressé longtemps à la lumière des nos illusions. Déception de laisser à terre un morceau de soi, et reprendre le large avec une gêne empressée qui laisserait à penser qu'on est toujours moins libre vis à vis de soi, mais toujours moins dépendant quand même du sol qui nous a porté. J'ai mal connu ce qu'un esprit simple peut donner quand on parle de bonté naturelle, instinctive, matricielle, en niant chez ma petite personne la possibilité d'un altruisme grotesque et paroxysmique dans la perte de soi. J'ai mal connu tes mots enfin, reçus sans être vécus, sans y trouver la résonance qu'ils auraient du porter, sans frôler même leur insupportable vérité qui, débordant les parois du sens premier, appelaient à un avenir plus certain.
Mea culpa.
Mea culpa.
lundi
Ta longue désespérance qui t'a poussé au bout de la route, vacillant et pris au piège de tes éternels soupçons, me semble une grande machine de guerre à faire l'amour, et à égrener sur un chapelet incertain de sombres prières de retour. Car tes grandes mains s'agitent sur mon corps absent l'étreigne et le froisse, le rêve jusqu'à lui donner une réalité et puis la lui faire perdre dans un absurde mouvement de renonciation. Il est muet ce cri d'abandon, cette offense suprême sublimée en grâce ténébreuse et discrète, et pourtant il me parvient et me touche là où je me croyais protégée.
(...)
(...)
comptoir.
allons rire et couvrir le monde de nos bras devenus immenses à force d'oppression, reprenons ces vieux poèmes oubliés et braillons les sur tous les toits de la ville, qu'on nous entende jusqu'au congo, jusqu'à la toute dernière fin, jusqu'à ce que la vielle d'en face vienne avec nous danser et fumer et cracher sur les chats. oh oui, chantons encore sur ce qu'il nous reste de temps à vivre et de choses à connaître, sur nos amours tardives et honteuses, sur nos pensées sublimes et poussiéreuses, et nos inclinations, furtives et vénéneuses.
marchons encore dans l'obscurité tapie à chaque coin de rue, et repoussons la jusqu'à la mer, avant que le vent nous emporte sur un air de tango, venu de nulle part, et une odeur suave, du creux de tes reins.
marchons encore dans l'obscurité tapie à chaque coin de rue, et repoussons la jusqu'à la mer, avant que le vent nous emporte sur un air de tango, venu de nulle part, et une odeur suave, du creux de tes reins.
tentative d'alchimie.
j'ai tout vu au fond de tes yeux, le gouffre de l'éternité, la mémoire d'un monde qui s'oublie, et j'ai ressenti l'abîme profonde de ce qui a été enfoui, et le nouveau souffle qu'exhalait la modernité, offerte comme une femme légère. c'était comme une rumeur, un écho à peine perceptible de ce qui survit quand les paupières se ferment, cet entre-monde peuplé d'inconnu et de rêves, un indicible précipice où se logent les désirs que l'on veut cacher ou que l'on ignore. j'ai tout vu, tout senti le temps d'un battement de cil, avant que tout m'échappe encore, alors que je n'avais jamais été aussi proche de la vérité.
doux supplice dans un éclair de clarté, avant de retomber dans les couloirs méandreux de la petite routine. tendre torture que j'appellerai toujours contre moi même, pour un idéal supérieur, mais bafoué, mais refoulé, mais chuchoté dans l'indistinct, quand les mots n'ont plus leur sens créateur premier. restaurer l'émotion principielle dans une parole maîtrisée.
doux supplice dans un éclair de clarté, avant de retomber dans les couloirs méandreux de la petite routine. tendre torture que j'appellerai toujours contre moi même, pour un idéal supérieur, mais bafoué, mais refoulé, mais chuchoté dans l'indistinct, quand les mots n'ont plus leur sens créateur premier. restaurer l'émotion principielle dans une parole maîtrisée.
dimanche
Souvenir de vacances.
Brive. Vestiges de pierre, assemblées sous une troisième république triomphante, école publique fille, école publique garçon, hôtel de ville disproportionné, rues pavées vidées en ce dimanche après midi ensoleillé. On imagine un gros chat paresseux à l'ombre des allées de marronniers alors qu'une femme d'un autre âge sort d'une bicoque aux volets bleus. Douce France, France profonde et rurale, chère Corrèze. Le temps s'est arrêté à la gare où plus aucun train ne passe. Merveilleuse expansion ferroviaire vieille d'un siècle de révolutions. Ici plus rien ne bouge, figé dans le statuaire solennel de l'aspiration au progrès infini. Mon gros chat imaginaire a cessé de ronfler depuis longtemps : comme une locomotive fatiguée, il toussote et soupire à présent, d'inhalations pleines de souvenirs en noir et blanc, d'un temps irrévocablement révolu, celui là même qui semble au passant pensif suspendu, dans la vague conscience collective pré-fabriquée des livres d'histoire de sa jeunesse.
mardi
Chronicques métropolitaines
Je suppose que c'est normal. L'ordre des choses.
La suffisance de ton visage dans le froid hivernal. Tout était en toc ce jour là, mes fausses larmes et les décorations de noël en plastique,
Le poulet de ma salade
L'odeur que tu as perdue
Le grouillement sans fin des gens qui se pressent, comme s'ils avaient vraiment quelqu'un à retrouver, comme si quelqu'un les attendait vraiment.
Je suppose que ça devait se finir comme ça. Mais après, après qu'on y ait cru pendant des semaines, des mois et des années.
Après qu'on se soit promis tous les canapés du monde, qu'on ait regardé les annonces immobilières, choisit les prénoms des enfants.
Rien d'exaltant, rien d'extraordinaire,
juste la tristesse du fini.
Et l'absurdité de ces départs.
Je suis desséchée de toi, éreintée de nos incompétences réciproques.
C'est un grand silence à nouveau.
J'aurai donné ce jour là pour te re-sentir encore. Ou alors éprouver une once de remord.
Mais je me suis fait surprendre par un mur d"indifférence qui me donne droit de celer, à vos vues imparfaites, les pensées honteuses qui me prennent encore à la gorge, la nuit.
Rien qu'une nuit dans Paris. Rien d'extraordinaire, non.
Le temps lavera nos errements.
La suffisance de ton visage dans le froid hivernal. Tout était en toc ce jour là, mes fausses larmes et les décorations de noël en plastique,
Le poulet de ma salade
L'odeur que tu as perdue
Le grouillement sans fin des gens qui se pressent, comme s'ils avaient vraiment quelqu'un à retrouver, comme si quelqu'un les attendait vraiment.
Je suppose que ça devait se finir comme ça. Mais après, après qu'on y ait cru pendant des semaines, des mois et des années.
Après qu'on se soit promis tous les canapés du monde, qu'on ait regardé les annonces immobilières, choisit les prénoms des enfants.
Rien d'exaltant, rien d'extraordinaire,
juste la tristesse du fini.
Et l'absurdité de ces départs.
Je suis desséchée de toi, éreintée de nos incompétences réciproques.
C'est un grand silence à nouveau.
J'aurai donné ce jour là pour te re-sentir encore. Ou alors éprouver une once de remord.
Mais je me suis fait surprendre par un mur d"indifférence qui me donne droit de celer, à vos vues imparfaites, les pensées honteuses qui me prennent encore à la gorge, la nuit.
Rien qu'une nuit dans Paris. Rien d'extraordinaire, non.
Le temps lavera nos errements.
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